L’Islam : pourquoi l’emploi du terme « Âmîn » invalide la prière ?

La prière est un acte d’adoration prédéterminé par le Saint-Législateur et il est, strictement interdit et considéré comme une innovation blâmable, d’y ajouter ou d’y soustraire quelque chose. Le terme « âmîn » n’est pas, sans aucun doute, ni une partie de la prière ni une partie du coran et selon la philologie, il provient de la langue hébreu.

Cheikh Sadouq (rah) rapporta :

« Dire âmîn dans la prière est l’un des principes des chrétiens. »[01]

روى الصدوق (ره) ان قول آمین شعار النصارى

Il fait, donc, partie des mots qui se trouvent en dehors du cycle du coran.

Le Noble Prophète de l’islam (sawaws) nous mit en garde contre l’emploi des termes non-coraniques dans nos prières :

« Il n’est pas convenable que la parole des humains soit ajoutée à la prière.»[02]

قال النبي صلى الله عليه و آله و سلم 
انّ هذه الصّلاة لا یصلح فیها شی‏ء من کلام الآدمیین

Par conséquent, le Saint Imam Sadeq (béni soit-il) nous précisa l’interdiction formelle de ce terme dans la prière et dit :

« Dans la prière en assemblée, lorsque l’imam aura terminé la récitation de la sourate al-Hamd, dis : « Alhamdoulillahi Rabb il-‘âlamîn » et ne dis pas « âmîn ». » [03]

و روی عن الامام الصادق (ع) انه قال: « إِذَا کُنْتَ خَلْفَ إِمَامٍ فَقَرَأَ الْحَمْدَ وَ فَرَغَ مِنْ قِرَاءَتِهَا فَقُلْ أَنْتَ الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِینَ وَ لَا تَقُلْ آمِین »

Si quelqu’un prétend que le terme « âmîn » est l’un des Noms de Dieu, nous lui dirons, en guise de réponse, que personne n’a jusqu’à présent corroboré l’idée selon laquelle « âmîn » compte sur la liste des Noms de Dieu. [04]

و من الواضح ان کلام الرسول (ص) هذا یمنع عن هذه الزیادة لانها من کلام الادمیین لا من کلام الله تعالى. و لو ادعوا أن لفظ آمین من أسماء الله تعالى، لوجدنا فی أسمائه و لقلنا یا آمین

 

Certains omarites justifient l’emploi du terme « âmîn » dans la prière, en disant que « Guide-nous dans le droit chemin » est une invocation (Dou’a). En réponse à cette ambiguïté, nous disons : le verset « Guide-nous dans le droit chemin » n’a pas le statut d’invocation lors qu’il est récité dans le cadre de la lecture obligatoire de la sourate Hamd dans la prière et il se récite en tant que verset coranique et non pas invocation.
Par conséquent, si le prieur récite ce verset et ceux suivants, avec l’intention de faire une invocation ou à la fois une invocation et une lecture coranique, sa prière s’invalide. [05]

 

نعم، ذهب بعض العلماء لتصحیح قول آمین فی الصلاة الى القول بان صحتها و مشروعیتها نابعة من کون المصلی عندما یقول « اهدنا الصراط المستقیم » یکون فی حالة دعاء فعندما یتم دعاءه یردفه بقول « آمین ».

و یرد علیه: إنّما یکون ذلک دعاء بالقصد و القارئ إنّما یقصد التلاوة لا الدعاء و لو قصد الدّعاء یکون داعیا، لا قارئاً، فلا یصحّ صلاته

 

Les hadiths portant sur « âmîn » dans la prière, se divisent en deux catégories, en matière de narrateurs. :

1-Les hadiths dont la chaîne de rapporteurs, de narrateurs, comprend Abou Hurayrah, comme, par exemple, ce hadith selon lequel , le prophète de l’islam ( que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants) dit :

« Lorsque l’imam de la prière en groupe récite « wa lâ ddâ llîn » (et non le chemin des égarés), vous devriez dire « âmîn » ; car les anges disent « âmîn » et quiconque dont « âmîn » s’harmonise avec celui des ange, tous ses pêchés antérieurs lui seront pardonnés ». [06]

الروایات المنقول عن ابی هریرة، ان النبی (ص) من قبیل الروایة القائلة: « إذا قال الإمام «و لا الضالین» فقولوا آمین فإن الملائکة تقول آمین فمن وافق تأمینه تأمین الملائکة غفر له ما تقدم من ذنبه ».

Les hadiths de ce type dont la chaîne de rapporteurs et narrateurs comprend Abou Hurayrah, maquent de toute crédibilité.[07]

و مما لاشک فیه ان فی و ثاقة ابی هریرة کلاما کثیراً بین العلماء

A ce propos, le vénéré Imam Ali (béni soit-il) dit :

«Abou Hurayrah est le plus menteur des gens (le plus menteur des vivants), en ce qui concerne les mensonges attribués au Prophète ».[08]

یقول أمیر المؤمنین (ع): ألا إنّ أکذب الناس أو قال: أکذب الأحیاء علی رسول الله أبوهریرة الدوسی

 

2-Les hadiths rapportés par les narrateurs dont aucun d’entre eux n’avait le critère de recevoir les hadiths.

Les hadiths dont les narrateurs sont : Hamid ibn ‘Abd al-Rahman ibn Abî Layli, Ibn’ Adi,  » Abd al-Jabbar bin Wail, Suhayl ibn Abi Suhayl, ‘Abd al-Rahman, et Talha ibn’ ala ‘Umar. : Hamid ibn ‘Abd al-Rahman ibn Abî Layli possédait une mémoire faible. Partant de là, les hadiths qui sont rapportés par lui sont considérés comme faibles. Ibn’ Adi est inconnu. Abd al-Jabbar bin Wail ne peut pas mentionner les citations de son père, car, son père mourut six mois avant sa naissance, donc, de ce point de vue, les hadits rapportés par lui ne sont pas crédibles. S’agissant de Suhayl ibn Abi Suhayl et d’ibn ‘Ala’ Abd al-Rahman, Abu Haatam dit :

« Leurs hadiths sont écrits, mais ils ne portent aucune autorité. Talha ibn’ ala ‘Umar aussi n’est pas utilisable, car les hadiths rapportés par lui sont, extrêmement, faibles. » [09]

الروایات التی یرویها کل من: حمید بن عبدالرحمن بن ابی لیلی، ابن عدی، عبد الجبار بن وائل، سهیل بن ابی صالح، علاء بن عبد الرحمن و طلحه بن عمرو. و الجمیع لا تتوفر فیهم شرائط الوثوق بروایته؛ لان حمید بن عبد الرحمن بن ابی لیلى لم یکن بالحافظ و کان ضعیفا؛ و ابن عدی مجهول؛ و عبد الجبار بن وائل و لد بعد وفاة ابیه بستة اشهر فتکون روایته منقطعة؛ و اما سهیل بن ابی صالح و العلاء بن عبد الرحمن فقد قال فی حقهم ابو حاتم: یکتب حدیثه و لا یحتج به؛ و اما طلحة بن عمرو فمتروک الحدیث حدیثه ضعیف جدا

Par conséquent, avec l’existence de tels individus faibles et non crédibles en matière de narrations de hadiths, l’on ne peut accorder aucune crédibilité à ces hadiths pour les appliquer.

 

Les points à retenir : 

1-La prière, sa formule et ses vocabulaires sont prédéterminés Par le Saint-Législateur. Les humains n’ont donc pas le droit d’y introduire une quelconque innovation.

2-Le terme « Âmîn » n’est pas dans le coran, ni un Nom de Dieu ; or seuls les termes coraniques et les Noms de Dieu, reconnus textuellement, constituent la prière des musulmans. 

3-Les Gens de la demeure prophétique (pse) qui sont les vrais connaisseurs du coran et de la sunna, nous interdisent d’employer le terme « âmîn » dans nos prières. 

4-Les hadiths omarites autorisant l’emploi du terme « âmîn » dans la prière, ne sont pas seulement opposés aux critères de l’authenticité et l’acceptabilité désignés dans l’Ossul El-Fiqh de l’islam chiite imamite, mais aussi, leur faiblesse selon les critères du Rijâl omarite est démontrable.  

5-Compte tenu des éléments cités précédemment, le consensus des oulémas musulmans consiste dans l’interdiction d’emploi du mot « âmîn » dans la prière, que ce soit après la récitation de la sourate hamd ou après le Qonut. 

 

Louange à Allah qui nous désigna parmi ceux qui s’attachèrent à la wilayat de l’Émir des croyants ainsi que celle des Imams Infaillibles que les bénédictions d’Allah soient sur eux.

الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِی جَعَلَنَا مِنَ الْمُتَمَسِّکِینَ بِوِلاَیَةِ أَمِیرِ الْمُؤْمِنِینَ عَلیِّ بنِ أَبِی طالِب وَ الْأَئِمَّةِ عَلَیْهِمُ السَّلاَمُ

Que la bénédiction et la miséricorde d’Allah soient sur ceux qui ont choisi et suivi le droit chemin.

L’Islam véridique est le chiisme

Sunnisme.net

Samedi, le 27 avril 2019

 

Références :
[01]-Sadouq, Man Laa Yahduruhu al-Faqih, vol. 1, p. 390.
[02]-Asfarayni Abu al-Mudhaffar Shaahfur ibn Tahir, Taaj al-Taraajim fi Tafsir al-Quraan lil-A’aajim, Introduction, p. 20, Publications scientifiques et culturelles, Téhéran, 1996, première publication; Shahid Thani, Zayn al-Din ibn Ali ibn Ahmad Amili, Ruwadh al-Jinaan fi Sharh Irshaad al-Adh’haan, p. 331 ; Institut d’ Ahl ul-Bayt ,première publication, Qom.
[03]-Kulayni, Al-Kaafi, t. 3, p. 313, Edition, Dar ul-Kutub al-Islamiyah , Téhéran, 1986; Toussi, Al-Istibsaar, t. 1, p. 318, Dar ul-Kutub al-Islamiyah , Téhéran, 1986; Toussi, Tahdhib al-Ahkaam, t. 2, p. 74, Dar ul-Kutub al-Islamiyah , Téhéran, 1986.
[04]-Ibn Shahr Ashub, Maazandarani, Muhammad ibn Ali, Mutashaabih al-Quraan wa Mukhtalafuh, t.2, p. 170, Edition Bidar, Qom, 1410 de l’hégire lunaire, Gom.
[05]-Sabzawari, Ali Mu’min Qummi, Jaami’ al-Khilaaf wa al-Wifaaq bayn al-Imaamiyyah wa bayn A’immat al-Hijaaz wa al-Iraaq, Zamineh Saazane Zuhure Imam Zamaa-( Ceux qui favorisent la Réapparition de l’Imam du temps( que Dieu hâte sa venue), 1421 de l’hégire lunaire, première publication, Qom.
[06]-Baydawi, Naasir al-Din Abu al-Khayr Abdullah ibn Umar, Anwaar al-Tanzil wa Asraar al-Ta’wil, t. 1, p. 32, Ihyaa’ al-Turaath al-Arabi, Beyrouth, 1418 de l’hégire lunaire.
[07]-Abu Hurayrah Abd al-Rahmaan ibn Sakhr al-Azudi  (22  BH-59 AH):  800 compagnons  et suivants ont cité les  hadiths rapportés par lui. Sous son califat, Umar l’a installé, à Bahreïn. Mais, il l’a évincé plus tard, en raison de faiblesse d’âme et sa souplesse. Il était, la plupart du temps, résident, à Médine. Taqiyuddin Sabki a rédigné un livre sous le titre de Fatawa d’Abu Hurayrah, de même Abd al-Husayn Sharafuddin a rédigé un livre sur la bigraphie de ce dernier qui s’intitule “Abu Hurayrah ». (Al-A’laam 4/80, 81). Hujjati, Asbaab al-Nuzul p. 216
[08]-Ibn Abi al-Hadid Mu’tazili, ‘Izz al-Din Abu Hamed, Sharh Nahjul-Balaghah, t. 4, p. 68, Edition : la bibliothèque d’ Ayatollah Mar’ashi Najafi, 1956, première publication.
[09]-Sultani, Abd al-Amir, Hukm al-Ta’min fi al-Salah, l’Assemblée mondiale d’Ahl ul-Bayt, deuxième publication.

Share This:

Close