L’ambiguïté : l’Imam Sadeq (psl) dit : Abubakr m’a engendré deux fois !

Un des arguments présentés par les omarites pour prouver le bon lien entre les Ahl ul-Beit (pse) et les califes usurpateurs afin de réfuter la position des partisans des Ahl ul-Beit (pse) envers les califes, est un hadith inventé qu’ils attribuent à l’Imam Sadeq (psl) dans lequel il aurait dit :

« Abubakr m’a engendré deux fois ».

Nous allons analyser la source de ce hadith sunnite dans les références sunnites et chiites et le réfuter par la suite :

L’analyse du récit dans les références chiites : 
Ce récit n’a été rapporté par aucun savant chiite excepté Abulfath Arbalî qui l’a rapporté via Abdul Aziz Ibn Akhdhar Janabadhî le sunnite hanafite.

« Hâfidh Ibn Abdul Aziz al-Akhdhar al-Janabadhî a dit : Abu Abdallah Jafar Ibn Muhammad (l’Imam Sadeq) (psl), dont la mère (Omm Farwa) est la fille de Qâssim Ibn Muhammad Ibn Abubakr dont la mère ( celle de celle-ci ) est Asmâ la fille d’Abldulrahman Ibn Abubakr et c’est pourquoi Imam Sadeq (psl) a dit : Abubakr m’a donné naissance deux fois. »

Source :

Kashf ûl-Ghummat, tome 2, page 374.

وقال الحافظ عبد العزيز بن الأخضر الجنابذى رحمه الله أبو عبد الله جعفر بن محمد بن على بن الحسين بن على بن أبى طالب عليهم السلام الصادق وأمه أم فروة واسمها قريبة بنت القاسم بن محمد بن أبى بكر الصديق رضى الله عنه وأمها أسماء بنت عبد الرحمن بن أبى بكر الصديق ولذلك قال جعفر عليه السلام ولقد ولدنى أبو بكر مرتين .
كشف الغمة ، ج2 ، ص 374 .

Premièrement : Hâfidh Abdul Aziz Janabadhî est mort en 611 hégirien lunaire alors que l’Imam Sadeq (psl) fut martyrisé en 148 hégirien lunaire, donc il y a eu un écart de temps important entre les deux. Et donc ce hadith est moursal (sans chaîne de transmission) et il n’est pas prenable pour prouver une quelconque théorie.

Deuxièmement : ce narrateur était sunnite, comme Dhahabî l’a confirmé.

(Siyar Alam ûn-Nûbalâ, tome 22, page 31) :

ابن الأخضر * الامام العالم المحدث الحافظ … قال ابن النجار : … وما رأيت في شيوخنا مثله في كثيرة مسموعاته ، وحسن أصوله … .

سير أعلام النبلاء – الذهبي – ج 22 – ص 31 .

Un autre élément prouvant qu’il était sunnite c’est qu’il a attribué le terme (Seddiq) à Abubakr, alors que tous les chiites savent que cela est le surnom exclusif du Maître des croyants l’Imam Ali (psl).
Par conséquent, ce récit n’a aucune valeur et véracité auprès des partisans des gens de la demeure prophétique. Si les sunnites veulent démontrer quelque chose aux chiites, il faut qu’ils se réfèrent à un récit rapporté par les rapporteurs chiites avec une source authentique irréfutable.
Cela n’a aucun sens qu’ils s’appuient sur un récit dont les chiites ne reconnaissent pas l’authenticité, pour argumenter contre ces derniers.

Ibn Hazm Andalossî qui est un des savants fameux sunnites et extrêmement anti-chiite a écrit à ce propos :

« Cela n’a aucun sens que l’on se réfère à nos propres récits pour argumenter contre les chiites, parce qu’ils n’accepteront pas. De même cela n’a aucun sens qu’eux ils se réfèrent à leurs propres récits pour argumenter contre nous, parce que nous n’accepterons pas. Donc il est nécessaire de se baser sur quelque chose que l’adverse reconnait afin de le convaincre. »
Source sunnite :
Al-Fasl Fî Hawâ wal Milali Wa Nihal, tome 4, page 159

لا معنى لاحتجاجنا عليهم برواياتنا ، فهم لا يصدّقونها ، ولا معنى لاحتجاجهم علينا برواياتهم فنحن لا نصدّقها ، وإنّما يجب أن يحتجّ الخصوم بعضهم على بعض بما يصدقّه الذي تقام عليه الحجّة به .
الفصل في الأهواء والملل والنحل ، ج4 ، ص159.

L’analyse du récit dans les sources sunnites :
Ce récit n’a pas non plus une source authentique et acceptable dans les ouvrages de la secte omarite et selon leurs règles de Rijal, toutes ses sources sont sans condition inacceptables.
Mais malheureusement certains savants sunnites, sans faire attention à la source du récit, le récitent aveuglement et l’utilisent afin d’attaquer les chiites et défendre les califes usurpateurs.
Dhahabî le fameux le takfiriste, après avoir cité ce hadith inventé, sans indiquer aucune source, continue son mensonge ainsi :
« L’Imam Sadeq (psl) se désavouait des Rawafidh, et lors qu’Il les voyait en train de reprocher ouvertement ou discrètement son aïeul, Abubakr, Il les prenait en ennemis, et il n’y a aucun doute là-dessus, mais les Rawafidhs sont une tribue ignorante. »[3]
Source sunnite :
Siyar Alam ûn-Nûbalâ, tome 6, page 255

وكان يغضب من الرافضة ، ويمقتهم إذا علم أنهم يتعرضون لجده أبي بكر ظاهرا وباطنا . هذا لا ريب فيه ، ولكن الرافضة قوم جهلة ، قد هوى بهم الهوى في الهاوية فبعدا لهم .
سير أعلام النبلاء – الذهبي – ج 6 – ص 255 .

Ce même savant sectaire, lorsqu’il s’agit des récits rappelant les mérites et les honorabilités des Gens de la demeure prophétique (psl), expose sa rigidité en  avouant d’abord que leurs sources sont authentiques, et prenant ensuite son cœur en témoin qu’ils sont faux !

Par exemple il rapporte ce hadith du Prophète (sawaws) :
« Ô Ali, ton ennemi est le mien, et mon ennemi est celui d’Allah aussi. »
Mais lors qu’il ne trouve aucune raison pour justifier la faiblesse de sa chaîne de transmission, écrit :

« mon cœur témoigne que ce récit est faux »

Source sunnite :

Mizan ûlItidâl, tome 1, page 82

عدوك يا علي عدوي ، وعدوي عدوّ اللّه .

يشهد القلب أنّه باطل .

ميزان الاعتدال، ج 1، ص 82 ، ترجمة أحمد بن الأزهر النيسابوري .

Alors il devient clair qu’un de ses critères de distinguer les faux hadiths des vrais était le témoignage de son cœur !

Première source du récit (Abubakr m’a donné naissance deux fois) :
La plus importante source que nous pouvons trouver dans les livres sunnites pour ce récit, est celle que Mezzî a citée dans Tahdhib ûl-Kamâl :

« L’Imam Sadeq (psl) : Avant d’espérer l’intercession de ‘Ali Ibn Abi Talib, j’espère celle d’Abu Bakr, car il m’a engendré deux fois.»

Source sunnite :
Tahdhib ûl-Kamâl de Mezzî, tome 5, pages 81 et 82.

أخبرنا بذلك أبو الفرج عبد الرحمان بن أبي عمر محمد بن أحمد بن محمد بن قدامة المقدسي بدمشق ، وأبو الذكاء عبد المنعم بن يحيى بن إبراهيم الزهري بالمسجد الأقصى ، وأبو بكر محمد بن إسماعيل بن عبد الله بن الأنماطي الأنصاري بالقاهرة ، وأبو بكر عبد الله بن أحمد بن إسماعيل بن فارس التميمي بالإسكندرية ، قالوا : أخبرنا أبو البركات داود بن أحمد بن محمد بن ملاعب البغدادي بدمشق ، قال : أخبرنا القاضي أبو الفضل محمد بن عمر بن يوسف الأرموي ببغداد ، قال : أخبرنا الشريف أبو الغنائم عبد الصمد بن علي بن محمد بن الحسن ابن المأمون ، قال : أخبرنا الحافظ أبو الحسن علي بن عمر بن أحمد ابن مهدي الدارقطني ، قال : حدثنا يعقوب بن إبراهيم البزاز ، قال : حدثنا الحسن بن عرفة ، قال : حدثنا محمد بن فضيل … .
وبه [الإسناد السابق] قال : أخبرنا الدارقطني ، قال : حدثنا أبو بكر أحمد بن محمد بن إسماعيل الادمي ، قال : حدثنا محمد بن الحسين الحنيني ، قال : حدثنا عبد العزيز بن محمد الأزدي ، قال : حدثنا حفص بن غياث ، قال : سمعت جعفر بن محمد يقول : ما أرجو من شفاعة علي شيئا إلا وأنا أرجو من شفاعة أبي بكر مثله ، ولقد ولدني مرتين .
تهذيب الكمال – المزي – ج 5 – ص 81 – 82 .

Réfutation :

Premièrement :

Dans la chaîne de transmission de ce récit, il y a plusieurs rapporteurs inconnus et faibles tels que :
1-AbulBarakat Dawoud Ibn Ahmad Ibn Muhammad Ibn Malâib al-Baghdadî, dont le nom a été mentionné par Dhahabî dans (Târîkh ûl-Islam, tome 44, page 287) et Sefadî dans (Al-Wâfî Bilwafiyat, tome 13, page 286) sans aucune authentification à son propos. Il est donc inconnu.
2-Abdussamad Ibn Ali Ibn Muhammad, inconnu aussi inconnu, puisque Khatîb Baghdadî dans (Târîkh ûl-Baghdad, tome 11, page 46) a cité son nom mais n’a fait aucune critique ou éloge (authentification à son propos.
3-Ahmad Ibn Muhammad Ibn Ismaïl al-Âdamî est inconnu.
4-Abdul Aziz Ibn Muhammad Al-Azdî, dont le nom est cité dans ( Mustadrakât Ilmûr-Rijal d’Al-Namâzî, tome 4, page 445, N°7909) et il a été précisé qu’il s’agissait d’un profil inconnu.
5-Hafs Ibn Ghîath, il a été écrit à son propos dans (At-Tadîl wat Tajrih de Solayman Ibn khalaf al-Bâjî, tome 1, page 513) :
« Ali Ibn Madînî a dit : Les hadiths rapportés par Hafs et Hatam Ibn Wardan de Jafar Ibn Muhammad (pse) sont inacceptables. »

قال علي بن المديني: أحاديث حفص وحاتم بن وردان عن جعفر بن محمد منكرة .
التعديل والتجريح – سليمان بن خلف الباجي – ج 1 – ص 513 .

Et al-Mubarakfour écrit à son propos :
« Hafs Ibn Ghîath avait une faible mémoire à la fin de sa vie, Hâfidh (Ibn Hajar) l’a précisé au début de Fath ûl-Bârî. Dhahabî a rapporté dans Al-Mîzan d’Abu Zar’a : La mémoire de Hafs Ibn Ghiath s’était affaiblie, après être devenu juge. »
Source sunnite :

Tûhfat ul-Ahwadhî, tome 2, page 124

وحفص بن غياث ساء حفظه في الاخر، صرح به الحافظ في مقدمة الفتح وقال الذهبي في الميزان قال أبو زرعة ساء حفظه بعد ما استقضى .
تحفة الأحوذي – المباركفوري – ج 2 – ص 124 .

Il est rapporté encore par Dhahabî dans son Al-Mizan ûl-Itidal à propos de ce rapporteur :

« Dawoud Ibn Rashîd a dit : Hafs Ibn Ghîath avait énormément de fautes et erreurs et Abu Zar’a a dit à son propos : sa mémoire s’était affaiblie après être devenu juge. »

Source sunnite :

Sîyar ul-A’lâm un-Nubalâ.

وقال داود بن رشيد : حفص بن غياث كثير الغلط .

وقال أبو زرعة : ساء حفظه بعد ما استقضى .

Lors que dans le Sanad d’un hadith il y a 5 personnes dont 4 inconnues et 1 de faible mémoire comme Hafs Ibn Ghîath, comment les omarites peuvent-ils s’y baser pour propager et prouver un quelconque mythe ?

Deuxième document du récit en question :

« Yahya a rapporté de Jafar Ibn Muhammad (pse) : je jure sur Allah que mon père dit qu’Ali (psl) vint à Omar, alors que ce dernier s’était enveloppé dans ses vêtements. L’Imam le salua et lui dit : Je n’apprécie aucun habitant de la terre ayant rejoint Allah par ce qui est dans sa Sahifa,  autant que j’apprécie celui qui s’est enveloppé dans ses vêtements. Ensuite Yahya ajouta : ensuite Jafar (psl) parla d’Abubakr, fit son éloge et dit : Abubakr m’a engendré deux fois»
Source sunnite :
Târîkh Madînatî Dimashq d’Ibn Assakir, tome 44, pages 453, 454

أخبرنا أبو القاسم إسماعيل بن محمد بن الفضل أنا أبو منصور بن شكرويه أنا أبو بكر بن مردويه أنا أبو بكر الشافعي أنا معاذ بن المثنى نا مسدد نا يحيى عن جعفر بن محمد قال تالله لحدثني أبي أن عليا دخل على عمر وهو مسجى بثوبه فأثنى عليه وقال ما أحد من أهل الأرض ألقى الله بما في صحيفته أحب إلي من المسجى بثوبه قال يحيى ثم ذكر جعفر أبا بكر وأثنى عليه وقال ولدني مرتين .
تاريخ مدينة دمشق – ابن عساكر – ج 44 – ص 453 – 454 .

Dans la chaîne de transmission de ce hadith, il y a un narrateur se nommant Ismaïl Ibn Muhammad Ibn Fadhl. Dhahabî écrit à son propos :

« Lorsqu’Ibn Assakir a rencontré Ismaïl, ce dernier était assez âgé et sa mémoire était en défaut … Abu Sa’d a dit : je l’ai rencontré alors qu’il s’était affaibli et sa capacité de mémoriser fonctionnait mal »
Source sunnite :
Siyar Alâm ûn-Nûbalâ, tome 20, page 86

وكان ابن عساكر لما رأى إسماعيل بن محمد وقد كبر ونقص حفظه .
قال أبو سعد : … ورأيته وقد ضعف ، وساء حفظه .
سير اعلام النبلاء ، ج20 ، ص86 .

Compte tenu de cette description donnée par Ibn Assakir, comment les sunnites peuvent-ils prendre en référence un récit rapporté par Ismaîl Ibn Muhammad en lui faisant confiance ?

Dans la même chaîne il y a un individu s’appelant (Ma’adh Ibn al-Mûthannâ). Muhammad Ibn Abî Yala dans (Tabaqât ûl-Hanabala) et Ibrahim Ibn Muslih dans (Al-Maqsad ûl-Arshad) écrivirent à son propos :
« Ahmad Hanbal a dit : que c’est un mauvais homme n’ayant pas de ‘Adâla. »
Sources sunnites :
1-Al-Maqsad ûl-Arshad Fî Dhikri Ashab ûl-Imam Ahmad, tome 3, page 35
2-Tabaqât ûl-Hanabalat, tome 1, page 399

قال أحمد بن حنبل هو رجل سوء ساقط العدالة .
المقصد الأرشد في ذكر اصحاب الامام احمد ، ابراهم بن مصلح ، ج3 ، ص35 و طبقات الحنابلة ، محمد بن أبي يعلي ، ج1، ص399 .

Comment les omarites peuvent-ils se référer à un récit rapporté par un narrateur considéré comme étant mauvais et injuste par leurs grands imams ?

Troisième source du récit inventé :

« Hafs Ibn Ghiath a dit : j’ai entendu Jafar Ibn Muhammad dire : Avant d’espérer l’intercession de ‘Ali Ibn Abi Talib, j’espère celle d’Abu Bakr, car il m’a engendré deux fois»
Source Sunnite:
Siyar Alâm ûn-Nûbalâ de Dhahabî, tome 6, page 259

وقال حفص بن غياث : سمعت جعفر بن محمد يقول : ما أرجو من شفاعة علي شيئا إلا وأنا أرجو من شفاعة أبي بكر مثله . لقد ولدني مرتين .
سير أعلام النبلاء – الذهبي – ج 6 – ص 259 .

Premièrement : le récit est Moursal (sans aucune chaîne de transmission) et on n’a pas la liste des rapporteurs qui l’auraient rapporté de Hafs Ibn Ghîath. Dans le meilleur cas imaginable, il aurait le même document que celui de Mezzî et aurait également les mêmes problèmes.
Deuxièmement : comme nous avons cité, Hafs Ibn Ghîath avait une faible mémoire et les récits qu’il a rapportés de notre Imam (psl) sont faux, selon les critères du ‘Ilm-r-Rijâl des savants sunnites.
Toutefois certains omarites tels qu’Ibn Hajar et Dhahabî l’ont cité dans plusieurs livres sans mentionner aucun Sanad.
En conséquence, conformément aux critères sunnites de Rijâl toutes les sources du récit en question sont fausses.

La falsification du contenu par les oulémas sunnites :

Le récit principal de notre sujet, est rapporté par Dhahabî dans (Siyar Alâm ûn-Nûbalâ, tome 6, page 259) comme quoi l’Imam Sadeq (psl) aurait dit « Certes Abubakr m’a donné naissance deux fois».
Tandis que dans d’autres chapitres de son livre, notamment dans la page 255 du même volume, il a tronqué le récit en remplaçant le nom d’Abubakr par le surnom « Seddiq » :

« Seddiq m’a donné naissance deux fois »
Sources sunnites :
1-Al-Kashif Fî Marifati Man Lahû Riwayat Fî Kûtûb s-Sûnnah de Dhahabî, tome 1, page 295
2-Tadhkirat ûl-Hâfidh de Dhahabî, tome 1, page 166
3-Siyar Alâm ûn-Nûbalâ de Dhahabî, tome 6, page 255
4-Târîkh ûl-Islam de Dhahabî, tome 9, page 88

فكان يقول : ولدني الصديق مرتين .
الكاشف في معرفة من له رواية في كتب الستة – الذهبي – ج 1 – ص 295 و تذكرة الحفاظ – الذهبي – ج 1 – ص 166 و سير أعلام النبلاء – الذهبي – ج 6 – ص 255 و تاريخ الإسلام – الذهبي – ج 9 – ص 88 .

Comment ce serait possible que l’Imam Sadeq (psl) attribue le terme Seddiq (véridique) à Abubakr, alors que selon un hadith authentique sunnite dans (Sonan Ibn Majah, tome 1, page 44) ce terme est le surnom exclusif de l’Imam Ali (psl) ?

Comme nous avons évoqué précédemment, Mezzî dans Tahdhib ûl-Kamâl et Dhahabî dans Siyar Alam ûn-Nûbala ont inventé ce récit :
« L’Imam Sadeq (psl ) dit : Avant d’espérer l’intercession de ‘Ali Ibn Abi Talib, j’espère celle d’Abu Bakr, car il m’a engendré deux fois.»

حدثنا حفص بن غياث ، قال : سمعت جعفر بن محمد يقول : ما أرجو من شفاعة علي شيئا إلا وأنا أرجو من شفاعة أبي بكر مثله ، ولقد ولدني مرتين

Shahid Nûrûllah Testarî a écrit en réponse à cette ambiguïté :
« La preuve de la fausseté de ce hadith c’est que le détenteur de la grande intercession est son Aïeul, le Prophète (sawaws), donc c’est indigne de sa part d’oublier l’intercession de son Aïeul et d’espérer celle d’un autre individu tel qu’Abubakr qui sera lui-même sans intercesseur le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d’aucune utilité,sauf celui qui vient à Allah avec un cœur sain. A moins que l’Imam ait exprimé ces phrases dans un contexte contraint. Si l’Imam (psl) aurait dit qu’Abubakr lui a donné naissance deux fois (selon le faux récit sunnite), Il aurait parlé de la réalité et non pas de la vanité, car il a été convenu que la tribu d’Abubakr était la tribu la plus vile de Qûraysh . Abu Sofian l’a aussi confirmé et l’Imam Ali (psl) a dit à propos de Muhammad Ibn Abubakr :  »il est un enfant noble issu d’une mauvaise famille ». Alors médite»
Al-Sawarim ûl-Mûhraqa, pages 241 et 242.

أقول : يدل على كذب هذا الخبر أن صاحب الشفاعة العظمى هو جده صلى الله عليه وآله فلا يليق به عليه السلام نسيان شفاعة جده صلى الله عليه وآله وإظهار رجاء شفاعة غيره سيما أبو بكر الذي لا شافع له ولا حميم يوم لا ينفع مال ولا بنون ، إلا من أتى الله بقلب سليم ، اللهم إلا أن قصد به مجرد التقية فافهم .
وأما قوله عليه السلام  » ولقد ولدني مرتين  » فبيان للواقع لا للافتخار به كيف وقد مر الاتفاق على أن قوم أبي بكر أرذل طوائف قريش وقد وقع التصريح به من أبي سفيان كما مر وقال علي عليه السلام في شأن محمد بن أبي بكر  » إنه ولد نجيب من أهل بيت سوء  » فتدبر .
الصوارم المهرقة – الشهيد نور الله التستري – ص 241 – 242 .

Donc toutes ces paroles nous indiquent le vilainage de la tribu d’Abubakr du point de vue de Banî Hashim.
Alors comment cela peut être-il possible que l’Imam Sadeq ait été fier d’Abubakr ?

Oui c’est une réalité qu’Omm Farwa était la fille de Qâssîm Ibn Muhammad Ibn Abubakr que la paix soit sur lui et cela n’est pas en contradiction avec l’infaillibilité, la noblesse et la pureté de l’Imam Infaillible (psl), car nous considérons Muhammad Ibn Abûbakr comme un des meilleurs chiites de l’Imam Ali (psl), puisqu’il a choisi le droit chemin indiqué par les Ahl ûl-Beit (pse) et n’a pas suivi le chemin de l’égarement parcouru par son père Abubakr.
Alors nous ne voyons pas quel serait le problème si l’Imam Baqer (psl) s’est marié avec une fille croyante chiite de bonne éducation qui est la descendante d’un des meilleurs partisans du Maître des croyants, l’Imam Ali (psl) ?

Est-ce que l’Imam Sadeq (psl) était fier d’Abubakr ou plutôt de la Wîlayat de son aïeul l’Imam Ali (psl) ?
Comment cela peut-être il possible que l’Imam Sadeq (psl) ait été fier d’Abubakr alors que cela était en contradiction avec son propre dogme ?
Lorsqu’on étudie les enseignements de cet Imam Purifié (psl) à travers les hadiths concordants que l’on a rapporté de lui, nous constatons bien que sa fierté la plus haute était la wilayat et l’imamat de son Aïeul, l’Imam Ali (psl) et non pas la naissance donnée par ce dernier.
Lisez le hadith ci-dessous :
« L’Imam Sadeq (psl) : mon adhésion à la wilayat de l’Imam Ali (psl) m’est plus chère que le fait d’être son descendant, parce que c’est une obligation d’avoir sa wilayat et un honneur d’être son descendant. »

Sources :
1-Al-Fadhaêl de Shadhan Ibn Jabraïl, page 125
2-Rawdhat Fî Fadhaïl Ami al-Mûminîn de Shadhan, page 103
3-Bihâr ûl-Anwâr, tome 29, page 299

ولايتي لعلي بن أبي طالب أحبّ إليّ من ولادتي منه، لأنّ ولايتى له فرض وولادتى منه فضل

الفضائل ، شاذان بن جبرئيل ، ص 125 و الروضة في فضائل أمير المؤمنين ، شاذان بن جبرئيل ، ص 103 و بحار الأنوار ، علامه مجلسي ، ج29 ، ص299 .

Il est aussi rapporté qu’Il a dit :
« La wilayat de mes Aïeux (pse) m’est plus chère que ma propre personne, mon adhésion à leur wilayat me sera utile même si je ne serais pas de leur descendance, mais mes ascendances ne me seront pas utiles sans l’adhésion à la wilayat.»
Mishkat ûl-Anwâr de Cheikh Tabarsî, page 575

ولايتي لآبائي أحب إليّ من نفسي ، ولايتى لهم تنفعنى من غير نسب ، ونسبى لا ينفعنى بغير ولاية .
مشكاة الأنوار ، علي الطبرسي ، ص 575 .

Alors comment les sunnites peuvent-ils nous faire croire que l’Imam Sadeq (psl) aurait été fier du lien familial avec Abubakr et non pas de celui qu’il avait avec l’Imam Ali (psl) ?

Contradiction avec la doctrine de l’Imam Ali et Fatimah Zahra salamu Allah ‘Alayhima :

L’Imam Sadeq (psl) n’a jamais abandonné la doctrine de son Ascendant, le Maître des croyants et sa mère Fatimah Zahra (sa). Et ces deux derniers n’ont jamais prêté allégeance à Abubakr l’usurpateur du califat et n’ont donc jamais reconnu la légitimité de son pouvoir.
Nous attirons ci-dessous votre attention à quelques points importants :

La colère de Fatima Zahra (sa) envers Abubakr :

« Fâtimah (sa), la fille du Prophète d’Allah (sawaws), s’est mise en colère et en garde contre Abubakr jusqu’à la fin de sa vie. »

Source sunnite :

Sahih Bûkhâri, tome 3, page 1126, Kitâb Abwâb ul-Khûms, Bâb Fard il-Khûms, hadith N° 3093

فَغَضِبَتْ فَاطِمَةُ بِنْتُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهَجَرَتْ أَبَا بَكْرٍ فَلَمْ تَزَلْ مُهَاجِرَتَهُ حَتَّى تُوُفِّيَتْ .
صحيح البخارى ، ج4 ،‌ ص42 .

Et selon d’autres récits authentiques sunnites, courroucer Fatimah (sa) c’est aussi courroucer le Prophète (sawaws) comme le rapporte Bûkharî :

« Le Prophète (sawaws) a dit : Fatima est une partie de moi, quiconque la met en colère, me met aussi en colère. »

Source sunnite :

Sahih Bukhârî, tome 04, page 210

عَنْ الْمِسْوَرِ بْنِ مَخْرَمَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ فَاطِمَةُ بَضْعَةٌ مِنِّي فَمَنْ أَغْضَبَهَا أَغْضَبَنِي .
صحيح البخاري ، ج‏4 ، ص‏210 .

Et par ailleurs Fatimah Zahra (sa) a juré par Allah qu’elle maudira Abubakr dans chaque prière et qu’elle portera plainte contre lui à son père (sawaws).

Ibn Qotayba Dinwarî a écrit dans son livre (Al-Imamat wa s-Sîyassat) :
« Fatimah Zahra (sa) a dit : par Allah n’avez-vous pas entendu le Prophète (sawaws) dire : La satisfaction de Fatimah est la mienne et sa colère est aussi la mienne, quiconque l’aime, m’aime en réalité, quiconque la satisfait, me satisfait en réalité, quiconque la met en colère, me met en colère en réalité ? 
Omar et Abubakr ont répondu :  »oui nous avons entendu le Prophète (sawaws) dire cela. » Elle leur a dit : alors je prends Allah et les anges en Témoins que vous m’avez courroucée et ne m’avez pas satisfaite. Si je rencontre le Prophète (sawaws) je lui porterai plainte contre vous. 
Abubakr a dit : je me réfugie à Allah de sa colère et de la vôtre, ensuite il s’est mis à pleurer de tel qu’il a failli mourir. Fatimah (sa) lui a dit : par Allah, j’invoquerai Allah contre toi dans chaque prière. »

Source sunnite :
Al-Imamat Wa s-Sîyassat, tome 1, page 31

فقالت : نشدتكما اللّه ألم تسمعا رسول اللّه يقول : رضا فاطمة من رضاي ، وسخط فاطمة من سخطي ، فمن أحبّ فاطمة ابنتي فقد أحبّني ، ومن أرضى فاطمة فقد أرضاني ، ومن أسخط فاطمة فقد أسخطني ؟
قالا : نعم ، سمعناه من رسول اللّه صلى اللّه عليه وسلم ، قالت : فإنّي أُشهد اللّه وملائكته أنّكما أسخطتماني وما أرضيتماني ، ولئن لقيت النبي لأشكونّكما إليه .
فقال أبو بكر : أنا عائذ باللّه تعالى من سخطه وسخطك يا فاطمة ، ثمّ انتحب أبو بكر يبكي ، حتى كادت نفسه أن تزهق . وهي تقول : واللّه لأدعونّ اللّه عليك في كلّ صلاة أصلّيها … .
الامامة والسياسة ، تحقيق الشيري ، ج 1، ص 31 .

Comment cela peut-être il possible que l’Imam Sadeq (psl) soit fier d’avoir lien familial avec Abubakr, alors que sa mère, Fatimah (sa) est insatisfaite et courroucée d’Abubakr et le maudit dans chaque prière ?
L’Imam Ali (psl) traite Abubakr de menteur et perfide :
« Lors que l’Envoyé de Dieu (sawaws) décéda,  Abubakr a dit :   »je suis le successeur du Prophète (sawaws), vous êtes venus tous les deux et toi (Abbas) tu réclames l’héritage à ton neveu (Prophète) et lui (Ali) réclame l’héritage de sa femme au père de cette dernière. Le Messager d’Allah (sawaws) a dit : nous ne laissons pas d’héritage, ce qui reste de nous c’est de l’aumône ». Et vous avez considérez Abubakr comme menteur, pécheur, hypocrite et traître. »

Source sunnite :
Sahih Mûslim, tome 3, page 1379, chapitre de Jihâd wa as-Sair, Bab Hûkm ûl-Faiy

فَلَمَّا تُوُفِّيَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَبُو بَكْرٍ أَنَا وَلِيُّ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَجِئْتُمَا تَطْلُبُ مِيرَاثَكَ مِنْ ابْنِ أَخِيكَ وَيَطْلُبُ هَذَا مِيرَاثَ امْرَأَتِهِ مِنْ أَبِيهَا فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا نُورَثُ مَا تَرَكْنَاهُ صَدَقَةٌ فَرَأَيْتُمَاهُ كَاذِبًا آثِمًا غَادِرًا خَائِنًا … .
صحيح مسلم ، ج5 ، ص152 ، كتاب الجهاد و السير ، باب حكم الفيء .

Comment cela peut-être il possible que l’Imam Sadeq (psl) soit fier d’Abubakr contrairement à son père qui le considérait comme étant traître, menteur, pécheur et perfide ?
A bon entendeur

Que la bénédiction et la miséricorde d’Allah soient sur ceux qui ont choisi et suivi le droit chemin.

L’Islam véridique est le chiisme

Sunnisme.net

Samedi, le 27 octobre 2018

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